Trend Report : Du Forecast à votre For You Page
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Trademart réunit des insights, des chiffres et des interviews issus du monde du retail — en collaboration avec des voix influentes comme Dimitri Valckaert, Jordy-Arthur Vaesen et Dominique Nzeyimana.
Découvrez comment les évolutions sociétales et les comportements des consommateurs transforment les tendances en un impact durable — et lisez les interviews complètes de tous les experts.
Qui avons-nous interviewé ? Découvrez les interviews complètes.
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CRÉATEUR DE TENDANCES : Dimitri Valckaert
CEO de TWNS Distribution & Twns the Label, une agence de mode qui apporte des marques internationales sur le marché BENELUX
Représente les marques : Rue Mazarine, Deeluxe, Salsa Jeans, Love Joy Victory, Adoré, Miss June, Moliin, ainsi que deux marques propres
Fondateur, avec son épouse Tara Bellay, de la marque de bijoux Tara JWLS et de la marque de knitwear Twns the Label
Showroom situé à Trademart Bruxelles
Plus de 20 ans d’expérience dans l’industrie de la mode
Twns porte le nom de leurs jumeaux Léonard et Théodore, qui sont une source d’inspiration constante
Interview complète
Quel rôle joue une agence de mode comme TWNS Distribution ?
« Dans notre showroom bruxellois, nous créons un lien direct entre marques et détaillants. Les boutiques et concept stores y découvrent de nouvelles collections et passent leurs commandes, avec une attention particulière pour une mode à la fois qualitative et accessible, capable de rivaliser avec la grande distribution. Grâce à nos échanges étroits avec les acheteurs, nous comprenons finement le marché et les attentes des consommateurs. Ces insights nourrissent notre rôle de distributeur, mais aussi de marque, et nous permettent de contribuer activement au paysage de la mode. »
Quelles conclusions pouvez-vous tirer en matière de mode et de tendances en Belgique ?
« Le consommateur belge reste plutôt conservateur. Les basiques intemporels fonctionnent mieux que les pièces très audacieuses. Cela reflète une mentalité pragmatique : la mode doit être pratique, polyvalente et durable. Même si la Belgique compte des maisons de mode de renommée internationale, le consommateur moyen est davantage un suiveur prudent qu’un véritable précurseur de tendances. »
Comment naissent les tendances ?
« Les tendances prennent encore naissance chez les grands créateurs et maisons de couture, avant d’être relayées vers le grand public, notamment via les influenceurs. La nostalgie joue un rôle central dans ce processus. Aujourd’hui, les années 90 et 2000 reviennent sur le devant de la scène, réinterprétées avec une touche contemporaine.
Au sein de ces grandes tendances émergent de nombreuses micro-tendances. Certaines s’installent durablement, d’autres disparaissent rapidement. Leur longévité reste difficile à prévoir, mais l’intuition, les données de vente et la logique offrent de bons indicateurs. »
Nous vivons dans un monde numérique. Quelle est encore l’importance de l’achat physique ?
« Malgré la digitalisation, les showrooms et salons professionnels demeurent indispensables. Voir, toucher et ressentir les matières et les couleurs fait toute la différence. C’est aussi là que nous observons ce qui séduit réellement les détaillants.
L’expérience en magasin retrouve également de l’importance. Depuis la crise du Covid, on observe un retour vers le shopping physique, plus humain et plus social, où le service, le conseil et la découverte prennent toute leur valeur. »
Quelle tendance avez-vous contribué à populariser ?
« Avec Twns the Label, nous avons marqué les esprits par un usage affirmé de la couleur et par un storytelling fort. Le brand s’inspire de nos jumeaux et de leur énergie, leur douceur et leur spontanéité.
La personnalité, l’authenticité et l’expérience sont à mes yeux les grandes tendances d’aujourd’hui – et de demain. »
CRÉATEUR DE TENDANCES : - Jordy Arthur Vaesen
Créateur de mode belge et créateur de contenu
A étudié la mode à Anvers
Nominé pour le Belgian Fashion Award 2023 dans la catégorie Changemaker of the Year
Crée des looks sur-mesure pour des artistes tels que Pommelien Thijs et Merol
Connu pour la série VRT MAX ‘Thrift You Up’
Dispose d’une communauté engagée de 449K abonnés sur Instagram
Réputé pour son style audacieux jouant avec les textures, couleurs et dimensions
Interview complète
Quelle est ta plus grande source d’inspiration en tant que designer ?
« Ma principale source d’inspiration est la vie elle-même : la pop culture, les séries, les musées, mais aussi les réseaux sociaux. Je ne cherche presque jamais l’inspiration de manière consciente. Les idées originales naissent en observant ce qui se passe dans le monde. En tant que designer, on tente surtout de capter l’air du temps. Comme nous vivons tous la même époque, les créateurs sont influencés par des dynamiques culturelles et sociétales similaires. C’est ainsi que naissent les tendances globales. »
Quelle tendance est en train d’émerger en ce moment ?
« Nous traversons une période marquée par l’incertitude, et la mode y répond par une contre-réaction claire. Après des années de minimalisme et de quiet luxury, on observe un besoin croissant d’évasion, de fantaisie et d’expression personnelle, notamment chez les early adopters.
Ce mouvement dépasse la mode et touche aussi les intérieurs : le beige laisse place à la couleur. C’est une macro-tendance que je soutiens pleinement et que j’explore à travers des créations joyeuses et audacieuses, un élan que je vois clairement se confirmer sur les réseaux sociaux. »
Qu’est-ce qui fait qu’une tendance perce ou pas ?
« Les grandes tendances obéissent souvent à une logique simple d’action-réaction. Les micro-tendances, en revanche, sont plus difficiles à anticiper : elles peuvent émerger d’une marque, d’une communauté, d’un média ou d’un·e influenceur·se. Une tendance perce lorsque le timing est juste et que les bonnes personnes la relaient. Mais plus elle atteint vite son pic, plus elle disparaît rapidement. »
Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans la création des tendances ?
« Les réseaux sociaux ont surtout accéléré le cycle des tendances. À force de voir les mêmes images, les mêmes styles, une forme de saturation s’installe. Cela pousse les créateurs à se différencier et à expérimenter davantage. TikTok et Instagram jouent un rôle de catalyseur, renforcé par le feedback immédiat : likes et partages indiquent instantanément si une idée fonctionne. »
Les tendances viennent-elles encore du haut (marques, magazines), ou plutôt du bas (créateurs, communautés) ? Et comment vois-tu l’évolution du phénomène ?
« Aujourd’hui, la création de tendances repose sur une pollinisation croisée entre marques, magazines et créateurs. Chacun doit se réinventer pour rester pertinent. Les défilés sont devenus des moments de diffusion en direct sur les réseaux, et les marques doivent accélérer leurs processus.
Les magazines, en particulier les titres cultes, retrouvent aussi une influence en tant que prescripteurs. Dans un paysage saturé, la clé reste l’authenticité. On ne vend plus seulement un produit, mais une émotion, un univers, une expérience. L’authenticité est sans doute la plus grande tendance actuelle — à tous les niveaux. »
TRENDWATCHER: Dominique Nzeyimana
Experte en mode et trendwatcher
Rédactrice en chef Style & Culture et Coordinatrice chez ELLE Belgique
Plus de 20 ans d’expérience comme journaliste de mode pour ELLE, De Morgen et des titres indépendants primés tels que Patta Magazine
Animatrice du podcast The Most, où elle interviewe des icônes de la mode et des talents émergents
Collabore étroitement en tant que journaliste et autrice avec le créateur Walter Van Beirendonck et le graphiste Paul Boudens
Co-autrice du livre Draw The World Awake, lauréat de l’International Fashion Book Award 2025
CEO de KNOTORYUS, agence spécialisée en contenu et communication créative
Membre indépendante du conseil d’administration de Flanders District of Creativity
Interview complète
Quelle tendance influencera le plus notre paysage mode dans le futur ?
« Lorsqu’on parle de tendances, on se concentre souvent sur les microtendances. Pourtant, pour les marques et les enseignes, celles-ci ont peu d’impact réel : au moment où on les nomme, elles sont déjà en train de disparaître. Ce sont surtout les macrotendances qui façonnent durablement le paysage de la mode.
L’augmentation des droits d’importation aux États-Unis met aujourd’hui le secteur sous pression et influence ce qui est produit, acheté et porté. J’anticipe une décentralisation de l’esthétique américaine. Le streetwear restera important, mais plus selon les codes traditionnels américains. La mode belge devra s’adapter en misant davantage sur le local.
Cette évolution est déjà visible dans des pays comme le Nigeria, le Ghana, le Japon ou la Corée du Sud, où de jeunes marques se recentrent sur leurs marchés domestiques. La Belgique a tout intérêt à s’en inspirer. Designers, détaillants et distributeurs doivent collaborer davantage et relocaliser une partie de la production.
Trademart, avec plus de 1 500 marques réunies sous un même toit, joue déjà un rôle moteur dans cette dynamique collective. Mais face aux coûts élevés de production et de main-d’œuvre, un soutien plus actif des pouvoirs publics reste indispensable. »
On dit souvent que les consommateurs belges font des choix prudents. Les marques et magasins doivent-ils en tenir compte ?
« Je conteste cette idée. Les créateurs belges influencent la mode internationale depuis des décennies grâce à des visions audacieuses et avant-gardistes. Des noms comme Raf Simons, Anthony Vaccarello, Glenn Martens ou Meryll Rogge en sont la preuve.
La mode avance grâce à des pièces fortes et reconnaissables, en particulier chez les jeunes générations. Les véritables trendsetters adoptent aujourd’hui des choix affirmés – des chaussures Vibram aux sacs iconiques de Bottega Veneta. Le style devient un moyen d’expression identitaire et parfois politique. Pour les professionnels de la mode, rester connectés à la Gen Z et à la Gen Alpha est donc essentiel. »
Les réseaux sociaux dominent désormais les tendances. Prennent-ils le dessus sur les autres médias ?
« Les tendances naissent toujours dans l’esprit créatif des designers, mais les réseaux sociaux en accélèrent la diffusion. Des matières et palettes communes émergent lors de salons textiles, puis sont amplifiées par les content creators en ligne. Les réseaux ont ainsi largement repris le rôle des médias traditionnels, simplement parce qu’ils sont plus rapides.
Les magazines conservent néanmoins leur pertinence s’ils évoluent. En combinant print, digital, podcasts et événements, ils peuvent devenir de véritables hubs culturels et fédérer une communauté engagée. »
Comment les magasins et marques peuvent-ils croître dans le futur ?
« L’avenir de la mode et du retail ne repose plus uniquement sur la vente, mais sur la création de relations durables. Les marques et magasins doivent offrir plus qu’un produit : des expériences, des rencontres, un récit dans lequel le public peut se reconnaître.
L’exemple du skate shop anversois Lockwood illustre parfaitement cette approche. En soutenant de jeunes skateurs et en les intégrant à l’univers de la marque, ils ont bâti une communauté intergénérationnelle forte. Cette connexion – à la fois physique et digitale – est aujourd’hui essentielle. Grandir commence par une question simple : qui suis-je en tant que marque, à qui je m’adresse et où puis-je créer un lien authentique ? »
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